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Recette, recettes de cuisine.

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Phrases qui me parlent...

Aussi longtemps qu'il y aura un chien errant et affamé dans ma rue, ma spiritualité consistera à lui donner à manger. Pas à chercher Dieu.

Swami  Vivekananda, philosophe hindou du 19ème siècle


Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde.

Albert Camus


Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.

Jules Renard


Une arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse

Abd Al Malik


Le passé n'est pas mort et enterré. En fait, il n'est même pas passé.

William Faulkner


Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande.
Albert Jacquard


Pour moi, l'automne n'a jamais été une saison triste. Les feuilles mortes et les jours de plus en plus courts ne m'ont jamais évoqué la fin de quelque chose mais plutôt une attente de l'avenir.

Patrick Modiano


Et si parfois je me sens triste, qu'importe qu'il n'y ait pas de joie en moi s'il y en a dans l'univers?

Carlos Fuentes - L'instinct d'Inez


S'ils enferment tous les caractériels, il n'y aura plus un poète.

Richard Bohringer


Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir.

Albert Einstein


L'éternité, c'est long, surtout vers la fin.

Woody Allen


Peut-être les oiseaux, dans le secret savoir de leur vol
Sentiront-ils le ciel soudain plus vaste.

Rainer Maria Rilke


Quand vous parlez de l'infini, jusqu'à combien de kilomètres pouvez-vous aller sans vous fatiguer?

Jean Tardieu


Si Dieu existe , j'espère qu'il a une bonne excuse...

Woody Allen


Nous devons être bilingue même en une seule langue, nous devons avoir une langue mineure à l'intérieur de notre langue, nous devons faire de notre propre langue un usage mineur.

Gilles Deleuze


Peindre, écrire, ce n'est rien d'autre que partir à la découverte de soi, tout en convertissant en toiles ou en poèmes ce que recèle la nuit intérieure

Charles Juliet


Etre raisonnable en toutes circonstances. Il faudrait être fou...

On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort.

Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses.

Il paraît que quand on prête l'oreille, on entend mieux. C'est faux ! Il m'est arrivé de prêter l'oreille à un sourd. Il n'entendait pas mieux.

Raymond Devos


Il est peu de réussites faciles et d'échecs définitifs.

Marcel Proust


Je ne ferai jamais partie d'un club qui voudrait de moi.

Groucho Marx


Le monde appartient à ceux qui rêvent trop

Grand Corps Malade


Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction

Francis Picabia


Si vous ne changez pas d'état d'esprit devant un tableau que vous n'avez jamais vu, soit vous êtes sacrément entêté, soit le tableau n'est pas très bon.

Robert Rauschenberg


Il n'y a pas de raison de ne pas considérer que le monde est une gigantesque peinture.
Robert Rauschenberg


Le secret, c'est d'écrire n'importe quoi, parce que lorsqu'on écrit n'importe quoi, on commence à dire les choses les plus importantes

Julien Green

 

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Madagascar, la Réunion


Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /Oct /2007 22:45
Après ces quelques escapades sucrées, revenons vers des mets ensoleillés.

Murielle-Samania,avec son massalé de poulet m'avait beaucoup tentée, surtout que j'avais eu la chance d'y goûter au brunch de Miss Tiny,  au sujet duquel elle nous concocte un reportage prometteur!

Je ne vous redonne pas la recette, il n'y a rien à changer à la sienne, rien que la lire donne l'eau à la bouche!

Alors pour me la jouer authentique, j'ai décidé de préparer la poudre à massalé toute seule comme une grande, vu que celles que j'achète me paraissent toujours un peu fades, ou peut-être que je n'en mets pas assez, je sais pas...

En tout cas, la faire soi-même est un vrai plaisir!
Comme il faut torréfier les graines les unes après les autres, séparément, ça embaume dans la cuisine pendant une heure et après tout le monde se jette sur le plat qui sort de cette alchimie et vraiment, ça vaut la peine!

Avec la quantité faite ici, j'ai préparé un poulet et il restait de quoi cuisiner environ 2 fois les mêmes quantités

Poudre à massalé

Il vous faut:
IMGP3446.JPG
10 c. à s. de graines de coriandre
4c. à s. de poivre noir
4 c. à s. de graines de cumin
2 c. à s. de graines de cardamome (à décortiquer)(facultatif)
1 c. à c. de muscade rapée (ou 1 noix  que vous rapez vous-même)
40 clous de girofle
2 bâtons de cannelle
2 piments oiseaux (ou 1 ou 3, ou pas du tout, suivant vos goûts)
1 c. à c. de fenugrec
1 c.à s. de graines de moutarde noire
3 branches de feuille de caloupilé (on dit comme ça à la Réunion, mais c'est la même chose que les feuilles de curry, merci Murielle ;-))


Dans un poêle anti adhésive, faites chauffer les graines de coriandre à feu moyen en remuant constamment jusqu'à ce qu'elles se colorent et qu'elle dégagent une odeur enivrante (mais pas trop).
Réservez dans un bol.
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Répétez l'opération avec le cumin, puis avec le poivre noir, la cannelle en réservant dans des bols séparés, il ne faut pas que les arômes se mélangent à ce moment.

IMGP3452.JPG
(ici, les graines de moutarde et les clous de girofle, qui ne se chauffent pas)

Torréfier de la même façon le fenugrec mais attention, il grille très vite et après c'est fichu, donc pas plus de 20 secondes.

IMGP3449.JPG
Idem avec les feuilles de caloupilé, les retirer dès qu'elles se recroquevillent et sèchent.

Ensuite, mettez l'ensemble des épices dans un robot, et réduisez-les en poudre.

Pour un poulet d'un kilo et demi, j'en ai utilisé 4 à 5 c. à s. et c'était à se rouler par terre et à reprendre de la sauce avec du riz encore et encore!! Trop de bonheur!

Demain je commence mon régime à base de carottes rapées! Chai pas si je vais tenir, il m'en reste encore plein, de ce mélange ...







Par Snapulk
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 19:09
Hier, j'ai eu le grand plaisir (j'ai un peu l'impression de me répêter, mais c'est vraiment sincère, alors j'assume) le très grand plaisir, donc, d'être invitée par Miss Tiny et Minouchka pour un brunch aux saveurs exotiques. C'était l'occasion pour moi de rencontrer deux jeunes femmes que je trouvais charmantes par l'intermédiaire de leurs blogs et j'avais hâte de faire leur connaissance en vrai (on dit en IRL, maintenant, en langage geek, ça veut dire In Real Life, d'après mes enfants, qu'est-ce que j'apprends comme trucs depuis que je fais ce blog!!)

  Je me suis retrouvée au milieu d'une bande de (très) joyeux drilles qui avaient tous apporté des préparations fabuleuses: Céline,
Charline, Patrick, Paprikas, Samania, Mimosa, Dorian et Marie. Nous avons donc beaucoup ri, mangé et papoté, pas dansé, mais presque, je pense que la prochaine fois...

En tout cas, merci à Alexandra pour cette organisation qui lui a donné du travail et pour son accueil chaleureux, et à Minouchka de m'avoir donné l'occasion de partager ce moment.

Voilà ma participation. Malheureusement pas de photos, parce que mon appareil était là mais la carte chez moi :-S et après il n'y en avait plus (des achards). Tant mieux, c'est que c'était bon! Ceux qui y ont goûté le savent, les autres peuvent essayer, c'est garanti délicieux!

Si l'une des participantes a la gentillesse de m'en envoyer une photo et de m'autoriser à la publier, je porterai un toast à sa gloire éternelle.

Comme c'est une recette exclusive familiale, j'implore l'indulgence de ma petite soeur pour cette trahison (mais comme ça, tu l'as aussi la recette!!)

Petite note rectificative: grâce à Murielle, je peux vous faire profiter d'une des plus belles photos de mon blog, elle est très douée! Bravo et merci! Ce soir, c'est salsa, je vais boire un rhum arrangé combava de ma fabrication à ta santé, tchin!

Achards.JPG



Achards de coeurs de palmiers

1 grosse boîte de coeurs de palmiers
1 morceau de gingembre de la taille d'un petit pouce
2 gousses d'ail
1 c. à c. de curcuma
le jus de 2 citrons verts
1/2 c. à s. de gros sel
Poivre et/ou piment
2 c. à s. d'huile

Effiler les coeurs de palmiers en filaments assez fins.
Emincez finement l'oignon en demi-rondelles et séparez-les bien.
Pilez ensemble le gingembre, l'ail et le sel.
Dans une poêle, à petit feu, mettez ce mélange à chauffer. Quand ça commence à sentir bon dans la cuisine (je ne connais pas de critère plus précis pour appécier exactement le degré de cuisson, désolée Dorian ;-)), ajoutez l'oignon.
Quand l'oignon est ramolli, saupoudrez de curcuma, laissez griller environ 2 mn 36s et ajoutez les coeurs de palmier.
Mélangez rapidement, laissez chauffer encore 5 mn.
Diluez
le poivre ou le piment dans le jus de citron et, hors du feu, versez sur la préparation précédente. Mélangez bien.

Servez tiède ou froid  en accompagnement avec du boeuf tortue ou du romazava, et avec du rougail de tomates. Et du riz, bien sûr :)






Par Snapulk
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 21:39
Dans ma phase de découverte des produits de la mer, des possibilités infinies de les cuisiner, et de l'envie d'associer tout ça à la richesse de la cuisine de l'océan indien, voilà un bricolage qui donne envie d'y revenir.

L'espadon est un poisson qui se prête à des préparations un peu cuisinées, vu qu'il ne durcit pas en cuisant, et ne se défait pas non plus.

L'idéal donc, à préparer en sauce, quand on voit l'automne s'approcher mine de rien, et qu'on veut mettre encore un peu de chaleur dans les soirées avec famille, amis... partager.


IMGP3327.JPG
Massalé d'espadon

Une tranche d'espadon d'environ 800g

2 oignons
1 poivron rouge
1 poivron vert
2 c. à s. d'huile
1 c. à c. pleine de massalé

1 boîte de lait de coco (environ 165 ml)
20 cl de crème liquide
2 citrons verts
1 piment vert
1 morceau de gingembre frais de 2 à 3 cm, épluché et râpé


Ecrasez les gousses d'ail.
Emincez finement le piment vert après avoit retiré les graines.

Découpez l'espadon en dés.
Dans un bol, mélangez, le jus de citron vert, l'ail, le gingembre râpé, et le piment.

Laissez mariner au moins deux heures.

Découpez les poivrons en dés, émincez l'oignon.

Mettez l'huile à chauffer dans une sauteuse, mettez les oignons à revenir doucement.
Quand ils deviennent transparents, saupoudrez du massalé et laissez frire sur feu assez fort.
Ajoutez les poivrons et les dés d'espadon marinés.

Quand tout est doré, ajoutez la marinade, laissez chauffer sur feu moyen.
Ajoutez le lait de coco et la crème fraîche.

Baissez le feu, couvrez, et laissez cuire doucement 10 à 15 minutes en ajoutant un peu d'eau si la sauce se déssêche.

Servez avec du riz blanc.



Par Snapulk
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Jeudi 30 août 2007 4 30 /08 /Août /2007 14:53
Allez, la semaine prochaine c'est la rentrée, il va falloir reprendre le rythme.

Je termine aujourd'hui ce récit épique tant que je suis encore dans l'ambiance alanguie des vacances. Surtout que ce séjour s'est terminé beaucoup plus farniente qu'il n'avait commencé (c'était prévu ;-)), histoire de ne pas revenir épuisées, vu qu'en fait, ce qui m'attendait au retour était rien moins qu'alangui.
Mais ça c'est une autre histoire.

Donc après notre voyage de retour en train plein de rebondissements, nous arrivons à Fianarantsoa fatiguées mais contentes.

Le temps ici est normal pour la saison mais plus que moyen quand même et nous donne vraiment envie de voir le soleil, de le sentir nous réchauffer.


Madagascar--324-.JPG
Ici, contrairement à ce qui nous attendra à notre retour en France, c'est possible.
Nous sommes sur les hauts plateaux et si nous décidons de descendre vers le sud-ouest, le climat va changer du tout au tout.
Nous hésitons: sur le trajet, il y a le parc de l'Isalo, que j'avais visité la dernière fois avec Olivier. C'est un magnifique paysage de canyons, de cascades, un mélange de végétations tropicales et arides qui se côtoient, et puis d'autres variétés de lémuriens...

Une parenthèse pour préciser que certains espaces naturels sont bien protégés ici, tant au niveau végétal qu'animal. On ne peut pas entrer dans les parcs naturels gérés par l'ANGAP sans payer un droit d'entrée conséquent et être accompagné d'un guide. C'est vrai que ça augmente considérablement le budget visite mais permet de préserver des espèces en danger.

Ces tarifs sont évidemment innaccessibles aux malgaches eux-mêmes, mais ceux-ci sont encore extrêment peu nombreux à pouvoir se permettre de partir en vacances. Il y a ici une disparité immense (je n'ai pas de chiffres) entre les plus 
pauvres et les plus riches, dont fait partie le président Ravalomanana, un industriel prospère qui possède la plus grosse distribution de produits laitiers du pays - Tiko - et a fait distribuer des milliers de tee-shirts à son effigie au moment des élections en 2006 - au moins les gens qui ne savaient pas lire pouvaient reconnaître un logo! Vive la démocratie! Enfin, il semble qu'il instaure, à sa manière, une évolution économique dans un pays qui en a bien besoin... des heures de discussion en perspective!

Nous sommes donc partagées entre cette marche dans l'Isalo et l'envie de soleil, vite.
il nous reste relativement peu de temps comparativement au temps moyen de trajet.

On ne se tâte pas très longtemps.

L'Isalo, Gaëlle viendra la prochaine fois avec une copine à qui elle rêve de faire partager ça.

Cap au sud. Une dizaine d'heures de route. Et le climat change vite. Vite malgache.
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Gare routière. Grisaille.

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Froid.


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Départ en joyeuse compagnie

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les rizières.

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Un coin de ciel bleu éclaire le petit village au fond de la vallée...

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... puis s'élargit, et il fait chaud.

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Tu vas pouvoir retirer ton bonnet, petite fille!

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Et tout cela se termine par des paysages de cartes postales...

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Pourquoi s'en priver?

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La forêt de baobabs...

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le double baobab "carotte" conservé au milieu d'un village récemment reconstruit: l'envers du décor, c'est qu'ici, sur la côte ouest au nord de Tuléar, le village d'Ifaty  est devenu une station balnéaire courue. Donc les hôtels ont envahi la côte et les villageois, pêcheurs bien sûr, doivent s'installer à l'intérieur des terres et défricher les forêts de baobabs pour y reconstruire leurs maisons.
Beaucoup de pêcheurs deviennent donc employés dans les hôtels, l'économie locale change.
Encore un débat!

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Les pervenches de Madagascar, elles, continuent à pousser dans le sable.

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Couleur de l'eau unique! Plages désertes au bord desquelles nous allons jouer pendant des heures avec les enfants.

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Gaëlle photographie son dernier coucher de soleil

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Le voilà, ça valait la peine!

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Et puis le lendemain, départ, 5 heures du matin, lever du soleil.

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Salut, l'île, je reviendrai!

Par Pascale
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 23:22
Après ces petites balades tranquilles dans une nature généreuse, nous apprenons que le petit train fonctionne de nouveau.

Pas d'hésitation, nous décidons que nous ne manquerons pas cette fois, ce voyage décrit comme suit par le Guide du Routard:

" Le train Fianarantsoa-Côte Est  est la seule ligne de train du pays fonctionnant à peu près normalement. Un voyage à ne pas manquer le long de cette voie construite par les colons au début du XXè siècle pour ouvrir Fianarantsoa sur le port de Manakara. D'abord pour ses paysages fabuleux: le train traverse la forêt dense de l'est et, sur les flancs escarpés de la falaise, vous n'aurez pas assez d'yeux pour apprécier la luxuriance, la féérie de cette forêt d'émeraude egayée de plusieurs cascades..."

Comment résister?

"... Mais le voyage vaut aussi pour l'aventure que vous allez vivre: imaginez ce vieux train bringuebalant, peinant à tirer sa charge, le risque de panne est omniprésent et on ne sait pas trop quand on arrivera à destination...etc., ... un accident grave s'est déjà produit..."

Bon.

On n'est pas là pour jouer les mauviettes.
Et d'après ouï-dire, vu l'allure moyenne, on risque surtout d'arriver en retard.

Donc à 6 heures du matin, nous arrivons à la gare pour prendre les billets; elle est déjà bondée, puisque la panne a duré une semaine, et que le train sert surtout aux autochtones à transporter des marchandises, il faut combler le retard.



En attendant mon tour au guichet, j'ai la bonne idée de photographier le panneau mentionnant les arrêts et les distances d'ici à chaque gare et jusqu'à destination. Ces indications me seront bien utiles ensuite.



Le départ est donc prévu à 6h45, et l'arrivée vers 17h, donc environ 10 heures pour un parcours de 170 km. Forcément, il y a 17 gares, il faut se donner le temps!

Tout en admirant le paysage, je vais avoir le temps d'avancer dans ma lecture de Don Quichotte, qui va s'avérer de circonstances.

Il y a vraiment beaucoup de marchandises à charger et le départ va subir un léger différé.


Ici des paniers de bananes et des sacs de riz (ou de manioc), essentiellement.



Là, Gaëlle, bien chargée aussi et prête à monter à bord de ce train qui rappelle un peu les années 70.



La loco est sans doute encore plus ancienne




et n'effraie pas les voyageurs à pied qui, faute de pouvoir s'offrir le billet pour certains, vont parcourir, en la précédant sur la voie, leur propre trajet.
De toute façon, c'est pour tous une voie de passage balisée, qui ne longe pas la route très longtemps, donc un moyen d'accès unique à certains villages reculés.

Quelques centaines de mètres plus loin, nous traverserons la piste d'atterrissage de l'aéroport!

Donc, vers 8 heures, nous partons pour une traversée de la forêt sud-est digne de la description du guide.

Le passage quotidien (enfin, normalement!) du train est une distraction attendue et saluée





A chaque arrêt, parfois dans une gare, parfois ailleurs, des marchands de victuailles de toutes sortes se présentent, surgissant parfois on ne sait d'où.



Beaucoup, beaucoup d'enfants travaillent...



... dont certains vraiment jeunes! Et ils vendent ces beignets de bananes pour une misère, alors surtout, surtout, on ne marchande pas!!!!!!! (comme je l'ai vu faire)

Parfois la gare est au bout de la rue principale du village traversé.



Alors on a largement le temps de descendre pour aller visiter les étals de gingembre, herbes, poivre vert, faire quelques provisions



et des bananes, jamais vu autant de bananes de toute ma vie! On peut supposer que celles-là sont destinées à l'exportation:



On comprend mieux pourquoi elles n'ont pas le même goût à l'arrivée que celles cueillies mûres.



Vers 16 heures, nous arrivons à la gare de Mahabako. Je consulte la photo du tableau prise au départ, nous avons parcouru 65 km! Cool! Effectivement, on ne sait pas quand on arrivera...

Mais un peu plus loin, et pas dans une gare, le train s'arrête longtemps, vraiment longtemps. Et quelqu'un dit: "la loco nous a largués!". Donc on descend du train, incrédules, enfin, les français incrédules. Les malgaches eux, savent que c'est très possible.


Et effectivement, il n'y a plus de loco, on patiente en achetant des beignets aux enfants qui sortent de la brousse, puis on remonte dans le train et on s'épuise en conjectures diverses, quand un choc sourd nous signale que la loco est revenue, et on repart.

Là, je commence à me demander si je ne suis pas totalement inconsciente d'avoir emmené ma fille dans cette aventure. Une loco qui se décroche en pleine montagne..., je ne sais pas comment ça fonctionne, moi, un train, s'il y a des freins de secours... mais vu l'engin, je peux imaginer, et je ne m'en prive pas, tous les scénarios catastrophes du monde.

Surtout que vers 20 heures, la nuit est tombée depuis belle lurette, il fait nuit noire, et le train s'arrête de nouveau.

Longtemps.

Et quelqu'un dit (maintenant, je ne rigole plus, j'écoute les quelqu'uns): "Le deuxième wagon a déraillé".

Nouvelles conjectures.

On va voir. Effectivement, le train a déraillé. La loco et le premier wagon ne sont plus là.



Je ne peux pas m'empêcher d'avoir une pensée émue pour les employés de la S.N.C.F., sommés de donner des explications et des solutions dans les plus brefs délais.

Là, rien. On ne peut que supposer que la loco et le premier wagon vont aller jusqu'à destination, vider les passagers, er revenir vide pour nous récupérer.

Il reste 60 km à parcourir. Si on lui donne 4 heures pour faire l'aller-retour, il devrait se passer un truc vers minuit.

Et si rien ne se passe avant l'aube?
60 km à pieds sur la voie, c'est long!

A combien de kilomètres est la route la plus proche? Impossible de le savoir, il n'y a pas de carte routière valide.

Attendre. Dans le noir. Je ne peux plus lire Don Quichotte. J'ai bien une mini lampe-torche, mais je l'économise, je ne l'utilise que pour me déplacer

Bien sûr, à minuit, rien.

Gaëlle et beaucoup d'autres sont descendus discuter dehors, chanter avec les malgaches du wagon d'à côté qui n'ont pas l'air affolés du tout et lui demandent de chanter aussi, avec ses copines, des chansons de chez nous, super ambiance!

Elle filme ce moment avec son téléphone portable, donc vu l'éclairage, cela vaut plus pour le son que pour l'image!

 

Ils s'éclairent à la bougie, ce qui fait paniquer les français, vu que les wagons sont plus que bondés, on a tous des bébés sur les genoux.

Moi je ne sors que peu de temps du wagon, histoire de rester à proximité de nos bagages s'il se passe quelque chose.

4 heures du matin, il fait froid, on est en montagne, je vais voir dehors ce qui ne se passe pas.



A l'avant du train, certains ont installé un petit brasero, et des villageois ont surgi des bois alentour, avec du riz, des petits pois, des poissons, tout ce petit monde s'est restauré et dort debout ou assis.



C'est à ce moment que j'entends, que tout le monde entend la loco revenir.

Repli galopant vers l'intérieur des wagons, récupération des sacs, changement de wagons avec chargements, bébés, et avec des comportements dans l'ensemble toujours courtois.

On aide les filles chargées à grimper (une marche de train sans quai, c'est haut!!!)


Et on s'empile dans les nouveaux wagons, enfin nouveaux... ;-S


Gaëlle est un peu fatiguée, oui, c'est elle, là, en bas à gauche.

Et on repart, pour arriver à destination à 8 heures du matin.

170 km en 24 heures! Record battu? Franchement, je ne sais pas.

Je suis soulagée, et je ne sais toujours pas dire, aujourd'hui, si j'embarquerais de nouveau un de mes enfants dans une telle histoire!

Revenons à des couleurs avec un autre accompagnement qu'on a eu du plaisir à trouver dès que des assiettes sont réapparues devant nous!

Les achards de légumes

IMGP3024.JPG
Comme le rougail pistaches, eux aussi se servent en accompagnement, mais aussi en salade. Il faut:
1/2 chou-fleur (certains utilisent du chou blanc)
3 carottes
200g de haricots verts
1 gros oignon
1 pouce de gingembre frais épluché et râpé
1 piment vert haché fin (facultatif)
3 c. à s. d'huile
3 c. à s.  de vinaigre
2 bonnes c. à c. de curcuma


Le travail le plus long consisite à effiler en julienne tous les légumes, pour obtenir ceci.
IMGP2983.JPG
Faites chauffer l'huile dans une grande sauteuse (qui devra contenir tous les légumes).

Mettez-y à revenir doucement l'oignon. Quand il devient transparent, ajoutez le curcuma et le gingembre, laissez-les légèrement frire et enrober l'oignon.

Ajoutez tous les lègumes et mélez bien le tout pendant deux minutes. Les légumes doivent rester croquants.

Versez alors le vinaigre (qu'on peut remplacer par du jus de citron), mélangez encore et arrêtez la cuisson.

IMGP3024-copie-1.JPG
Encore une fois, c'est d'une saveur bien plus délicate que la simplicité d'exécution ne le laisserait penser.

IMGP3021.JPG
On peut les conserver quelques jours au réfrigérateur, en bocaux.







Par Snapulk
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