Ah bon, j'ai eu peur ;)
Surtout que j'ai encore plein de trucs à vous raconter, à vous montrer...
Et là, en particulier une merveille d'entre les merveilles, un des monuments les plus extraordinaires qu'il nous ait été donné de visiter. D'ailleurs j'y consacre un billet entier tellement je souhaite vous faire partager l'émotion que j'ai ressentie et qui subsiste encore, trois mois (déjà!!!) après.
Nous avons donc quitté Udaïpur pour nous diriger vers Jodhpur, fantasmant déjà sur les ruelles odorantes, parce que - d'après Dinesh, notre chauffeur et agréable compagnon de route - Jodhpur, c'est LA ville des épices.
Un peu de patience, j'en vois qui trépignent, j'y viens, bientôt.
Après trois heures de route en direction du nord (car nous nous dirigeons aussi, petit à petit, vers l'extrême Nord-ouest de Rajasthan, le désert du Thar), nous atteignons la vallée des monts Arawell qui abrite de très beaux monuments
dont ce sanctuaire Jaïn.
Son architecture est extrêmement complexe. Il paraît massif de l'extérieur mais étonne par son raffinement dès qu'on y pénètre.
Il est construit sur 1500 m2 et 33 m de hauteur, sur des plans carrés qui se succèdent, est orné de 1440 colonnes, toutes différentes.
C'est vraiment étonnant, parce qu'on perçoit la stricte rectitude géométrique, et l'ensemble donne une impression de sérénité, d'harmonie, qui fait qu'on ne se lasse pas de le sillonner en tous sens pour tenter d'en saisir la plénitude.
Grandiose, vraiment.
Je me permets ici une rubrique culturelle sur la religion jaïne, assez méconnue et qui mérite pourtant qu'on s'y arrête.
Les jaïns sont très peu nombreux. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont respectés de tous les autres indiens et n'ont donc jamais été persécutés.
On compte aujourd'hui environ 4 millions de jaïns dans toute l'Inde, dont près d'un million au Rajasthan, le reste dans le sud de l'Inde et dans le Gujarat (autre état du Nord-Ouest).
Leurs temples sont admirables, la plupart du temps en marbre blanc; ils se caractérisent par une grande finesse d'exécution et une étonnante sérénité, malgré la profusion des sculptures. Le jaïnisme est une religion dont les origines remontent bien avant notre ère. Son développement serait dû à une réaction contre les sacrifices d'animaux. Une doctrine radicale fut édictée par Mahavira (qui vécut à la même époque que Bouddha). Le dernier, le Tithankara, au VIème siècle avant notre ère, prônant l'égalité de toute vie et l'ascétisme.
Au 1er siècle de notre ère, un schisme eut lieu entre les jaïns. Les digambaras, vêtus de pas grand chose (précurseurs de nos naturistes) et les shvetambaras, vêtus de blanc. On trouve les premiers dans le sud et les seconds dans le nord.
Les jaïns croient en la division de l'univers en cycles, où alternent progrès et déclin.
Inutile de vous dire que nous sommes actuellement en plein déclin!!!
Les jaïns recherchent la libération de l'âme en la détachant de son karma, ce qui n'est pas simple.
Il existe cinq règles majeures:
- ne tuer aucun être vivant
- ne pas voler
- se détacher des biens matériels
- être chaste
- ne pas manger de nuit (on pourrait manger un insecte sans le voir)
C'est pour respecter ces préceptes au pied de la lettre que certains jaïns portent une étoffe devant la bouche (pour éviter d'avaler une bestiole en respirant), balayent devant leur pieds dans la rue ou sur les marches des temples (pour ne pas écraser une fourmi par inadvertance), ne prennent aucun véhicule, puisqu'ils tuent les insectes.
Ils sont évidemment strictement végétariens et se veulent d'une extrême tolérance.
Toutefois, ils ne refusent pas (réclament même parfois) un bon pourboire. Mais la communauté jaïne est très généreuse envers les hôpitaux, les écoles, les oeuvres...
En pénétrant dans un temple jaïn, on a tout d'abord le sentiment d'une grande confusion architecturale, une sorte de superposition, un peu brouillonne, d'édifices.
Il n'en est rien. Les formes, les tailles, l'orientation de chaque partie de l'ensemble répondent à des règles cosmiques précises.
Tout est réglé en fonction du mandala, sorte de diagramme idéal représentant toutes les puissances universelles et centré autour d'une divinité précise.
Cet ensemble sert de support à la méditation.
Nous nous contenterons d'apprécier la finesse des sculptures, leur grâce, leur état de conservation
et nous finirons cette visite culturelle par une image de notre Olivier préféré en Mode Père Castor, avec notre guide*, d'où sont tirés tous ces précieux renseignements.
Pétition sauvons les RASED (voir ici pour le détail de la question): aujourd'hui, 134168 signatures.




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