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Le monde, à travers sa cuisine surtout, mais aussi des voyages, et des idées.

Les idées vagues de Snapulk...

Le monde, à travers sa cuisine surtout, mais aussi des voyages, et des idées.

A dangerous method

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Bien envie de vous parler de ce film parce qu'il est un peu inclassable, et déroutant. On connaît David Cronenberg pour ses films où la peinture de la société et des hommes jongle toujours entre la violence exprimée et celle qui se cache. Et souvent celle qui est occultée menace de surgir sous la forme la plus inattendue, avec un fond d'angoisse calculé et omniprésent.

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Ce film-la a donc de quoi dérouter, costumes, ambiance feutrée, en grande partie basé sur le dialogue... Forcément, quand on prend comme thème la naissance de la psychanalyse, il est difficile d'éviter cette dimension.

 

 


 

 

Certains l'ont trouvé ennuyeux, trop verbeux ou surjoué de la part de Kiera Knightley. C'est vrai que la façon dont la trame des dialogues est construite emprunte beaucoup à l'écoute psychanalytique. Tout ce qui est dit, dans de longs dialogues intellectuels et posés, est le support implicite d'une violence qui ne peut s'exprimer, mais qui resurgit dans les actes.

La performance de Kiera Knightley à cet égard est remarquable. Personnellement, je ne l'avais vue que dans Pirate des Caraïbes, où on ne lui demande pas grand chose, il faut bien le dire. Ici, elle joue le rôle d'une jeune femme atteinte d'hystérie, version fin du XIXème siècle, c'est à dire donnant à voir une folie autodestructrice impossible à maîtriser, qui défigure la patiente, l'animalise. Le travail de composition est remarquable, il est évident qu'elle a consulté des traités sur la question et donne à voir quelque chose de très vraisemblable dans le contexte de folie marqué par l'époque et ses convenances sociales dans la haute bourgeoisie suisse et autrichienne.

Michaël Fassbender, en Carl Jung à l'abord froid et tout en maîtrise, qui succombe à l'appel de la chair mais s'empêtre dans une culpabilité  torturante qui ne lui laisse pas de répit et le maintient dans une oscillation permanente entre désir et raison, est fascinant et drôle. Bon, ce n'est pas du burlesque, j'aime autant vous prévenir tout de suite, on n'est pas mort de rire! Mais les dialogues avec Viggo Mortensen dans le rôle de Freud sont eux aussi tout en subtilités et en humour glacial.

Bref, j'ai bien aimé, un film riche pour l'esprit, et qui donne envie de lire (ou de relire) Freud.

Pour ceux à qui cela donnerait envie de débuter dans cet exercice, ne vous lancez surtout pas dans "Naissance de la psychanalyse" ou dans "L'interprétation des rêves" dont les titres pourraient vous laisser croire (à tort) qu'ils sont faciles à lire. Je conseillerais plutôt "Psychopathologie de la vie quotidienne" ou "Cinq psychanalyses", plus abordables et qui vous immergent dans une pensée pourtant complexe et riche.




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Liette 03/02/2012 18:55


Oh tu sais, j'y vais petit bout par petit bout... ^_^

Liette 03/02/2012 12:04


Qh ben tien moi aussi j'ai beaucoup aimé ce film ! Le rythme lent et centré sur les dialogues, décrié par certains, ne m'a pas du tout sauté aux yeux... Mais je pense qu'après une saison de In
Treatment, on n'a plus peur de rien


Il faut ceci dit avouer que certains dialogues sont assez ardus ("la réalisation du désire sexuel passe nécessairement par une auto-destruction de l'ego..."), mais au moins ce n'est pas de la
vulgarisation simpliste...


En tous cas, je suis d'accord avec toi, la performance de Kiera Knigthley est impressionnante, elle s'impose réellement en tant qu'actrice (je l'avais ceci dit déjà mesuré dans le film The
Duchess, sorti en 2008). Viggo Mortensen est par ailleurs méconnaissable sous sa barbe et son cigare, et puis Vincent Cassel quoi ! Libertaire obsédé, un rôle dans la lignée d'autres aussi
sulfureux (Black Swan notamment), non ?


Pour couronner le tout, surtout pour moi, les costumes sont magnifiques (ah ces dentelles !!).


Bref, un bon moment de cinéma, qui m'a d'ailleurs replongée dans la lecture de ton petit cours

Snapulk 03/02/2012 14:44



Ah oui, In Treatment, c'est un bon radage ;-) je n'ai pas vu la saison 3, et plus de Megaupload, so sad!


C'est vrai que Viggo Mortensen est époustouflant aussi, quand on voit A History of Violence, on a peine à croire qu'il s'agisse du même acteur! le personnage de Vincent Cassel, je l'ai trouvé
plus convenu, mais c'est peut-être parce que la dernière fois que je l'avais vu c'était dans Le Moine, et franchement, bof...


Et les dialogues, on en reparlera plus longuement, mais c'est vraiment fin, et à plusieurs degrés d'acoute, super travail!


Bref, dès qu'il sort en DVD, je me l'achète!


Pas trop indigeste, mon cours? :D



Hélène 02/02/2012 08:10


En ce moment, on a de bons films au cinéma.

olivier 01/02/2012 15:12


Certes le côté "drôle" ne m'est pas apparu, mais je confirme que c'est un film très intéressant en ce qu'il donne à voir les débuts de la psychanalyse, ses débats entre des personnalités très
fortes, et dont on montre, tout au moins pour C. Jung, les ambivalences, les pulsions qui le traversent. La performance de l'actrice K. Knightlei est stupéfiante, tant elle habite son personnage
et dont l'hystérie semble vécue.


Il est intéressant aussi de savoir ce que C. Jung est devenu. Son parcours, notamment lors de l'avènement du nazisme, interpelle le spectateur face à l'énoncé dans le film de ses théories.