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Phrases qui me parlent...

Aussi longtemps qu'il y aura un chien errant et affamé dans ma rue, ma spiritualité consistera à lui donner à manger. Pas à chercher Dieu.

Swami  Vivekananda, philosophe hindou du 19ème siècle


Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde.

Albert Camus


Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.

Jules Renard


Une arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse

Abd Al Malik


Le passé n'est pas mort et enterré. En fait, il n'est même pas passé.

William Faulkner


Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande.
Albert Jacquard


Pour moi, l'automne n'a jamais été une saison triste. Les feuilles mortes et les jours de plus en plus courts ne m'ont jamais évoqué la fin de quelque chose mais plutôt une attente de l'avenir.

Patrick Modiano


Et si parfois je me sens triste, qu'importe qu'il n'y ait pas de joie en moi s'il y en a dans l'univers?

Carlos Fuentes - L'instinct d'Inez


S'ils enferment tous les caractériels, il n'y aura plus un poète.

Richard Bohringer


Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir.

Albert Einstein


L'éternité, c'est long, surtout vers la fin.

Woody Allen


Peut-être les oiseaux, dans le secret savoir de leur vol
Sentiront-ils le ciel soudain plus vaste.

Rainer Maria Rilke


Quand vous parlez de l'infini, jusqu'à combien de kilomètres pouvez-vous aller sans vous fatiguer?

Jean Tardieu


Si Dieu existe , j'espère qu'il a une bonne excuse...

Woody Allen


Nous devons être bilingue même en une seule langue, nous devons avoir une langue mineure à l'intérieur de notre langue, nous devons faire de notre propre langue un usage mineur.

Gilles Deleuze


Peindre, écrire, ce n'est rien d'autre que partir à la découverte de soi, tout en convertissant en toiles ou en poèmes ce que recèle la nuit intérieure

Charles Juliet


Etre raisonnable en toutes circonstances. Il faudrait être fou...

On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort.

Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses.

Il paraît que quand on prête l'oreille, on entend mieux. C'est faux ! Il m'est arrivé de prêter l'oreille à un sourd. Il n'entendait pas mieux.

Raymond Devos


Il est peu de réussites faciles et d'échecs définitifs.

Marcel Proust


Je ne ferai jamais partie d'un club qui voudrait de moi.

Groucho Marx


Le monde appartient à ceux qui rêvent trop

Grand Corps Malade


Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction

Francis Picabia


Si vous ne changez pas d'état d'esprit devant un tableau que vous n'avez jamais vu, soit vous êtes sacrément entêté, soit le tableau n'est pas très bon.

Robert Rauschenberg


Il n'y a pas de raison de ne pas considérer que le monde est une gigantesque peinture.
Robert Rauschenberg


Le secret, c'est d'écrire n'importe quoi, parce que lorsqu'on écrit n'importe quoi, on commence à dire les choses les plus importantes

Julien Green

 

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Jeudi 14 septembre 2006 4 14 /09 /Sep /2006 21:15
J'ai remporté victorieusement le safari brèdes mafanes.
Voilà déjà à quoi ça ressemble, cru.

Bon, maintenant un peu de documentation.

Comme je vous le disais dans les épisodes précédents, c'est LE plat malgache typique. Enfin, un des plats, parce que la cuisine y est très riche: on se trouve au carrefour des routes qui sillonnent l'océan indien, et toutes les influences se sont déposées là, en particulier des utilisations originales des épices indiennes.



Parenthèse.

Madagascar est un pays auquel je suis très attachée, d'abord parce que j'y suis née et que j'y ai passé les sept premières années de ma vie, dans un environnement idyllique.
Pas seulement parce que toute la famille y vivait réunie, parents, grands-parents, oncle, tantes, cousins, dans la même grande maison... C'est déjà beaucoup dans un imaginaire d'enfant.
Mais aussi parce que c'est un pays magnifique, tout ceux qui y sont allés le disent et ils n'exagèrent pas.
Parce que les gens y sont gentils, ce n'est pas naïf ou idéaliste, c'est comme ça, les malgaches sont curieux de connaître un nouveau venu, sont d'abord accueillants et prêts à partager le peu qu'ils ont.



Fermeture de la parenthèse.

C'est aussi un pays très très pauvre et le romazava que l'on sert couramment là-bas ressemble plutôt à un brouet clair aux herbes qui sert à mouiller le riz. On y met pour donner du goût un peu de viande de zébu, de préférence de la bosse, c'est plus gras et nourrissant.
On en trouve dans les gargottes où on mange pour trois fois rien, mais les bouchers coupent la viande en morceaux un peu au hasard, alors quand on trouve de la viande dans son assiette, ça peut être n'importe quoi, un os, un bout de gras, ou un bon morceau si on a de la chance.

Celui que je vous présente ici est donc un avatar luxueux que l'on mange dans les restaurants chics.

J'utilise de la macreuse, parce que j'aime bien que ce ne soit ni trop gras ni gélatineux, mais on peut préférer le gîte, ou autre chose, mais en tout cas du boeuf (à moins d'avoir du zébu, là c'est carrément la classe).
J'ai trouvé des recettes avec du poulet, ça n'a pas de sens, parce qu'il faut que ça cuise très longtemps.

Une fois le zébu capturé, il y a l'autre ingrédient, plus difficile à trouver dans nos contrées, j'ai nommé les brèdes mafanes. Enfin je croyais, parce que si vous êtes relativement proches d'une ville ou vivent des malgaches, l'épicier asiatique du coin s'en procurera, quoi qu'il arrive. J'ai même appris qu'il y a des arrivages réguliers à Rungis. Pffffffff. Va falloir aller chercher le mystère ailleurs.

Mais il faut que je vous dise, c'est super spécial comme truc, ça n'a l'air de rien sur la photo, on dirait des feuilles quoi. Mais vous remarquerez les petites fleurs jaunes aussi.
Quand on épluche les brèdes (c'est comme le cresson, on enlève les grosses tiges et on garde les feuilles) on garde aussi les fleurs, mais pas toutes les fleurs, seulement la moitié, à peine, parce que ça a un goût piquant très étonnant. Pas piquant comme du piment, pas fort, quoi. Mais on a l'impression d'avoir la langue qui pétille, ou comme disent les enfants (à qui j'en fais manger, ce n'est donc pas hallucinogène, il n'y a pas d'effet secondaire): "J'ai le palais qui vibre". Et la sensation dure. Inutile d'ouvrir un grand cru classé ce soir-là. Pas de l'eau, non plus, n'exagérons rien, mais un petit truc sympa de la foire aux vins ira bien.

Voilà, je ne vous aurai pas pris en traître.

J'hésite à mettre une photo parce que soit je ne suis pas douée, soit ce n'est pas très photogénique. Je vais réfléchir.

Action.

Romazava

Pour 5 personnes

1,2 kg de viande de boeuf à braiser (macreuse)
600 g de brèdes mafanes
2 c. à s. d'huile neutre
1 morceau de racine de gingembre de 3 ou 4 cm
2 gros oignons
2 gousses d'ail
La moitié d'une brique de coulis de tomates
1 c. à c. de gros sel
1 c. à c. de mélange de poivres en grains (blanc, noir, vert, baies roses)
20 cl d'eau
1 bouillon cube
Thym, laurier

Coupez la viande en dés, assez petits (2-3 cm).
Emincez les oignons, faites les revenir dans l'huile chaude à feu moyen sans laisser colorer, jusqu'à ce qu'ils soient translucides.
Mixez ensemble dans un mini-hachoir le gingembre, le sel, le poivre et l'ail. Ajoutez-les et faites rissoler jusqu'à ce que ça commence à sentir bon dans la cuisine. Ajoutez alors le coulis de tomates. Mélangez bien.
Mettez les morceaux de viande, laissez prendre couleur, puis mouillez avec le bouillon cube dissous dans l'eau et ajoutez le thym et le laurier.
Laissez cuire à feu doux au moins une heure. Plus, c'est mieux.

Si on n'est pas trop aventurier, on peut s'arrêter là et servir avec du riz blanc. Chez nous on appelle ça le boeuf tortue, je n'ai jamais compris pourquoi. Peut-être parce que ça cuit lentement.

Je continue pour les meilleurs: 20 minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez les brèdes épluchées (voir plus haut) et quelques fleurs.

N.B. rajoutée après: il ne faut surtout pas mettre plus d'une poignée des fleurs parce que sinon ça peut devenir immangeable par destruction nucléaire du goût de tout le reste!!!

Il existe une alternative: remplacer les brèdes par un mélange de salade pas trop molle (batavia, scarole) et d'oseille ou de menthe (1 gros bouquet), ça n'a rien à voir mais on se rapproche du goût et c'est très bon aussi.


Le rougail de tomates est indispensable pour accompagner et rafraîchir les vibrations palatines.


Bon, je vous avais prévenus. C'était dans mon asssiette qu'il y avait toutes ces fleurs. J'en pétille encore.



Par Snapulk
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